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14 novembre 2016 1 14 /11 /novembre /2016 23:06

 

 

Source: Mickael J Roads,

 

LE POUVOIR DE LA COMPASSION (suite et fin)

 

 

 

 Connais-tu tout de moi ?

 

 Bien sûr.

 

 Es-tu mon ange gardien ?

 

 Ange-guide serait un terme plus approprié.

 

 Voyons, pourquoi ne le disais-tu pas ?

 

 

 Cela change –il quelque chose ?

Tu entends seulement quand tu le veux bien.

Je murmure ma sagesse, tandis que ta peur et ta stupidité poussent des clameurs.

M'écouteras-tu à présent ?

 

 Bien sûr.

 

 

Accorde ton attention aux gens qui se trouvent dans cette pièce.

Vois si tu peux découvrir dans ton cœur un peu d'amour pour eux.

 

 

Je me suis approché de l'homme, essayant de ressentir pour lui quelque sympathie.

Mais je ne ressentais rien, rien, sinon du dégoût.

J'ai regardé la femme qui ronflait, et j'éprouvai la même répulsion.

 

 

 Je crains d'avoir raté mon exercice, dis-je.

 

 

J'ai alors tourné mon attention vers le petit garçon.

Sympathie et sollicitude jaillirent en moi comme la flamme d'une allumette.

Je me suis agenouillé près de lui et j'ai essayé de le prendre dans mes bras, mais c'était impossible.

Physiquement, je n'étais pas là.

Je vis que ses cheveux grouillaient de poux et j'ai senti les vagues de désespoir qui le submergeaient.

Je voulais le serrer dans mes bras, le réconforter.

 

 J'ai pitié. Plus que tout au monde, je désire venir en aide à ce pauvre petit.

 

Mais quant à ses parents, que le diable les emporte!

Regarde ce qu'ils lui ont fait.

 

 

Ainsi donc, tu ressens une étincelle d'amour limité,

mais aussi de l'intolérance et même de la haine.

Est-ce tout ce dont tu es capable ?

Ne comprends-tu pas encore que ce n'est pas l'âge  qui détermine qui est l'enfant dans cette pièce ?

 

 

Je me sentais attaqué et voulais répliquer.

 

 

 Qu'est-ce que tu racontes ?

 

Que je les aime ou non, qu'est-ce que cela peut bien faire ?

 

 

 Si tu peux les aimer, les accepter tels qu'ils sont, cet amour devient  une lumière dans leurs ténèbres, une porte qui s'ouvre, alors que toutes les autres demeurent closes.

Cela leur permet de commencer à ressentir un peu d'amour-propre, de passer du désespoir à l'espoir.

 

Ces deux êtres sont consumés par le dégoût d'eux-mêmes.

Crois-tu qu'ils doivent encore s'y enfoncer davantage ?

S'ils sont dans cette situation, c'est parce qu'ils ne peuvent pas se regarder en face.

Ils ont besoin d'être aimés pour ce qu'ils sont,

non pour ce qu'ils pourraient être dans des circonstances différentes.

 

 

Si tu sais tant de choses et si tu peux aimer tout le monde, pourquoi ne pas leur donner ton amour ?

 

Tu es manifestement plus doué que moi, dis-je d'un ton de défi.

 Hélas, ce n'est pas l'amour des anges qui fera progresser l'humanité.

C'est l'amour de chacun de vous, pour autrui et pour tous.

Et plus encore, c'est l'amour que vous vous portez.

Voilà la grande leçon de l'humanité.

 

 

Malgré mes réticences, je savais que le problème auquel

je me trouvait confronté aurait des répercussions sur toute ma vie.

 

Davantage encore, peut-être, que pour les gens de cette pièce.

 

 

Sachant qu'on ne peut pas se forcer à aimer, je me suis accroupi à côté du garçon, me concentrant sur lui.  

J'ai laissé la sympathie grandir entre nous, nous lier et nous unir.

Peu à peu, j'ai senti quelque chose émerger des profondeurs de mon être et sortir de moi pour aller étreindre le petit garçon.

A cet instant, j'ai remarqué la lumière qui nous entourait et qui ne cessait de croître.

 

Lentement, l'Amour-Lumière qui était sous mon contrôle sans que

je sache exactement comment se répandit dans toute la pièce et

finalement engloba l'homme et la femme dans son aura.

 

A la fois surpris et émerveillé, je réalisai que les parents m'importaient beaucoup.

 

Mais ce sentiment émanait d'un niveau tellement profond que je n'en avais jamais encore soupçonné l'existence.

 

 

A mesure que mon acceptation de la famille s'imposait à ma conscience, l'Amour-Lumière s'intensifiait.

 

Alors il se produisit quelque chose.

La femme ouvrit les yeux et regarda l'enfant.

Une expression de dégoût pour elle-même passa sur son visage ; secouant  la tête de pitié, elle se leva du divan et traversa la pièce d'un pas hésitant.  

 

 

 

Elle ne pouvait pas me voir et ne pouvait voir ni l'ange ni l'Amour-Lumière.

Prenant le petit garçon dans ses bras, elle l'embrassa sur le front et ouvrit de grands yeux en apercevant les poux qui circulaient dans ses cheveux.

 

Ses paroles étaient un cri de désespoir.

 

 Mon Dieu, Bill, on ne peut pas laisser le gosse dans cet état.

Bon sang, que de mal on se fait !

 

Bill se redressa en grognant.

 

 

 Qu'y a t-il ? Que dis-tu ?

 

 Je dis que nous devons nous sortir de cette misère.

Le gosse est plein de poux et nous deux on pue l'alcool.

Bon sang, Bill, ça ne peut plus durer comme ça.

Comment est-ce qu'on a pu en arriver là ?

 

 

Bill regarda l'enfant, le visage crispé par un sentiment de culpabilité.

 

Je ne sais pas, marmonna t-il, je ne trouve pas de travail.

 

 D'accord, tu ne trouves pas de travail, mais est-ce une raison pour vivre comme des porcs ?

 

Mon Dieu ! On dirait que je découvre cette pièce.

 

Elle pue et toi aussi… et moi aussi.

 

 

Elle se mit à pleurer, le regard noyé de honte et de chagrin.

 

 

L'ange se tourna vers moi, sa lumière parsemée d'étincelles dorées.

 

 

La guérison a commencé. Tu as été l'agent du changement parce que toi aussi tu as accepté de changer, même si c'est d'une façon limitée.

 

 

Comme tu t'en doutais, il s'agit d'une situation réelle

et cette famille commence maintenant à sortir du tunnel.

Avec l'aide des autres, ils pourront remonter la pente.

 

 

J'étais heureux de la tournure prise par les événements, mais la remarque au sujet des limites de mon changement m'irritait.

 

 

 En quoi mon changement est-il si limité ? C'est du dénigrement.

 

L'énergie angélique se dirigeait directement sur moi.

 

Crois-tu ?

 

 

Regarde ces gens et vois ce que devient ton amour.

 

Je regardai la famille qui émergeait de son apathie et des brumes de l'alcool.

 

Alors, ce fut le choc ! Soudain, voici que l'homme avait mon visage, de même que la femme et le garçon ! Ils avaient tous mon visage.

 

 

Je battis en retraite, dégoûté et l'Amour-Lumière baissa brutalement d'intensité.

 

 Tu vois ! Tu arrives à éprouver un peu d'amour pour eux, mais si

je te présente ton image en eux, de nouveau la répugnance te saisit.

 

 Mais… mais… mais…

 

Je bafouillais lamentablement.

 

 

 Mais tu dois accepter en toi ce que tu acceptes chez les autres.

Tu condamnes en toi ce que cet ivrogne symbolise.

Il est cette partie de toi-même qui échappe souvent à tout contrôle, l'aspect qui s'apitoie sur lui-même et te considère indigne.

 

Comment guérir ? En t'aimant toi-même.

 

La femme est ton aspect féminin et ne correspond pas forcément à ta conception de la beauté féminine.

 

Ton moi féminin est choqué par la laideur, mais ne la condamne pas.

 

 

Aime ton moi féminin et non l'éclat d'une beauté factice.

 

Et l'enfant est l'enfant en toi, négligé dans sa course vers l'âge adulte.

 

Ressuscite et vénère l'innocence et l'acceptation de soi de l'enfant.

 

Pour cela, aime l'enfant en toi, l'enfant tel qu'il est et non tel que tu voudrais qu'il soit.

 

 

Ces paroles silencieuses se répercutèrent en moi avec une intensité croissante, comme si elles étaient destinées à se graver pour toujours dans ma psyché.

 

 

La lumière angélique s'alluma d'un éclat si violent que mes

 

  yeux s'ouvrirent brusquement, tandis que ma tête se détournait instinctivement.

 

J'étais assis dans la bibliothèque, et sur mon visage tombait d'une fenêtre étroite et haute perchée, un vif rayon de soleil.

 

 

Fortement secoué, j'essayais de digérer tout ce qui venait d'arriver.

 

La bibliothèque était bien celle où j'avais coutume de me rendre régulièrement ; toutefois, je constatais, sans pouvoir me l'expliquer, que les chemins des réalités expansées s'étaient rencontrées et avaient fusionné.

 

Ce qui s'était passé ne me plaisait pas.

 

Il m'était très pénible de penser au dégoût que j'avais éprouvé en voyant mon visage sur ces habitants du taudis.  

                                

Regarder en face la vérité aveuglante –mes insuffisances- était trop douloureux ; aussi l'ai-je fait passer aux oubliettes.

 

Trop de choses s'étaient révélées.

 

J'ai enfoui cette expérience dans les profondeurs obscures de mon être, où demeuraient déjà tant d'émotions et de pensées infâmes.

 

Au lieu d'accepter la possibilité de m'examiner honnêtement, mais sans me juger, je l'ai repoussée.

 

Comment avais-je pu rejeter ainsi une telle expérience ?

 

Il avait fallu un catalyseur comme Thane pour qu'elle puisse remonter à ma conscience.

 

Elle s'était manifestée régulièrement dans mes rêves au cours des années qui avaient suivi, mais là encore, j'avais décrété que ces rêves n'avaient aucun sens.

 

 

C'est la valeur potentielle des rêves, dit Thane, qui avait entendu mes pensées pendant le sommeil, la conscience peut œuvrer activement au progrès intérieur, car à ce moment les désirs et les besoins que le mental doit s'employer à satisfaire sont absents.

 

 

La conscience cherche toujours à remplir un objectif plus élevé.

Mais crois-tu encore que tu n'as pas la compassion nécessaire ?

 

Je réfléchis quelques instants ; mais je savais maintenant qu'il y avait en moi de la compassion

 

 

J'étais peut-être lent à démarrer mais je ne pouvais nier la présence de cette force intérieure
qu'est la compassion.

 

Thane sourit. Il savait ! 

 

 

 http://akbal.canalblog.com/archives/2011/08/07/21747647.html                        

 

 

 

 

                                                                                                                                                                                                                       

LE POUVOIR DE LA COMPASSION (suite et fin)

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