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10 novembre 2016 4 10 /11 /novembre /2016 22:45

 

 

 

Source: Mickael J Roads,

 

Retour à l'unité...

 

www.lespasseurs.com

 

 

 

 

LE POUVOIR DE LA COMPASSION ( première partie)

 

 

 

 

J'étais en train d'observer une maison lugubre dans un quartier sordide.

Des papiers gras et des ordures jonchaient l'escalier

qui conduisait à la porte de derrière ; cette maison était un véritable taudis.

Malgré la crainte et la répulsion que suscitait en moi cette vision étrange  dans la bibliothèque publique, j'avais senti mon corps de lumière se lever de la chaise, marcher vers la maison et commencer à gravir l'escalier.

Dans ma conscience physique, je désapprouvais ce qui se passait,

mais mon corps de lumière a poursuivi son ascension avec une farouche détermination.

 

Je montais les marches en fer d'un long escalier,

qui partait du fond d'une ruelle. C'était pendant la journée,

mais il faisait sombre dans cette rue où le soleil ne  pénétrait presque jamais, cette rue étroite de la ruine et du désespoir.

 

Tout ce que je touchais était couvert d'une épaisse couche de poussière, comme cette rambarde branlante à la peinture écaillée.

 

C'était mon corps de lumière qui dirigeait mes actions, si bien

que malgré mon dégoût, j'ai ouvert la porte délabrée et je suis entré.

L'intérieur était encore en plus mauvais état que la porte.

Je regardais autour de moi, atterré par le désordre et la saleté qui régnaient en ces lieux.

C'était l'antipode de l'ordre et de la propreté auxquels j'étais habitué.

Des casseroles graisseuses, incrustées de restes de nourriture, s'empilaient dans un coin ; au centre de la pièce, se trouvait une table et deux chaises tout aussi dégoûtantes.

 

 

Le long d'un mur, un divan auquel il manquait un pied, se trouvait une table et deux chaises tout aussi dégoûtantes.

Les murs et les plafonds, souillés par de vastes taches d'humidité, laissaient voir une peinture décolorée qui s'en allait par morceaux.

L'odeur envahissante de la bière avait la suprématie sur celles de tabac et de moisissure.

 

 

C'était un spectacle effarant.

Quelque part en moi, une pensée cherchait à s'imposer :

 "Sors de là, vite ! » mais j'étais retenu par un engagement intérieur.

 

 

Plus que tout, c'étaient les occupants de la pièce qui incitaient à prendre la fuite.

Dans l'une des chaises, un homme était affalé, la tête et le torse reposant sur la table.

Une main sale serrait une bouteille de bière vide, tandis que la tête de l'homme se nichait sur l'autre bras.

Les yeux étaient clos et des lèvres entr'ouvertes s'échappait un filet de bave.

Une barbe de trois ou quatre jours formait un nuage gris sur son visage et une mouche solitaire se déplaçait tranquillement sur son crâne chauve.

Pour compléter ce tableau de dégénérescence, une chemise tachée, sous laquelle se tendait un ventre ballonné par la bière,

sortait en partie d'un pantalon miteux.    

                                                            

Cet homme incarnait tout ce que je détestais de plus chez les humains.

 

Il n'était pas seul.

Etendue sur le divan, une blonde décolorée, débraillée, les lèvres peintes en rouge vif, ronflait doucement avec un gargouillis monocorde.

 

Son visage était inexpressif et relâché, comme si tout amour-propre l'avait abandonnée depuis longtemps.

 

.

Affublée d'un corsage qui jadis avait dû être blanc et d'une jupe noire tachée et froissée, elle avait l'air d'une souillon.

 

De l'autre côté, quelque chose remuait.

Assis dans les cendres d'une cheminée, je vis un garçonnet sale et maigrelet, fourrageant d'un air absent dans un petit tas de bois calciné.

J'allai le rejoindre et m'agenouillais près de lui, profondément choqué.

 

 

Il pouvait avoir un an et demi/deux ans. Il ne portait aucune marque de violence, mais le manque d'amour et de tendresse donnait à ce visage vieilli une tragique expression de désespoir.

Il portait un simple tricot de corps.

Autour des organes génitaux, la peau était rouge, crevassée et squameuse.

Il sentait mauvais, et cette odeur de vomis et d'excréments  attirait autour de lui des essaims de mouches.

 

 

Je me redressai, dégoûté, le cœur soulevé.

La fureur m'emplit et pendant un long moment menaça d'éclater,

mais dans ce corps de lumière c'était impossible.

Le moi physique, personnel, serait parti ou aurait injurié l'homme et la femme, verbalement ; jamais, il ne se serait mêlé de cette histoire.

 

 

Mais il s'agissait ici d'un autre aspect de moi-même, dans un lieu et une situation qui, je le savais, étaient bien réels.

 

 

Pourquoi suis-je ici ? Plaidai-je silencieusement.

En quoi puis-je être utile ?

Avec la clarté d'un carillon, une voix angélique se mit à me parler intérieurement.

En même temps, je vis apparaître un Etre de lumière, qui était

exactement tel que j'imaginais les anges, les ailes en moins.

Il avait l'aspect d'un être humain de petite taille, et semblait éclairé de l'intérieur, si bien que je ne distinguais pas ses traits.

J'étais plus déconcerté que surpris car de cet Etre émanait une pureté quintessencielle.

 

Des questions se bousculaient dans mon esprit, mais c'est l'être de lumière qui posa la première.

 

 Pourquoi éprouves-tu autant de répulsion à l'égard de ces gens ?

 

 

Assez surpris par sa perspicacité, je répondis néanmoins avec honnêteté.

 

 Parce qu'ils représentent tout ce que je déteste chez les êtres humains, répondis-je mentalement.

 

- Oublies-tu qu'ils sont tout aussi humains que toi ?

 

- Non, bien sûr. Mais pourquoi sont-ils tombés si bas ?

 

- Ainsi, tu les as jugés et reconnus coupables ?

 

- Ce sont eux et personne d'autre, qui ont créé cet environnement sordide.

Il n'est donc pas question de jugement, mais d'évidence.

 

- Je ne réfute pas ce que tu vois.

Je te demande de réfléchir à ce que tu ne vois pas.

 

- Pourquoi me critiquer ? Demandai-je, quelque peu perplexe.

Après tout, ce n'est pas moi le coupable ici.

 

- Tu vois. Tu as prononcé le mot coupable.

 

- Tu m'as troublé. Où veux-tu en venir ?

 

- Compassion. Compassion et non pas condamnation.

 

J'étais de plus en plus perplexe.

 

- Je ressens certaines choses, et je n'y peux rien, n'est-ce-pas ?

Ces gens violent toutes les valeurs de décence auxquelles je crois.

 

- Tu affirmes être donc la victime de tes sentiments et de tes valeurs.

 

 

Ces gens ne pourraient-ils pas dire la même chose ?

 

A présent, j'étais en colère.

 

- Ecoute ! A quoi joues-tu ?

Tu essaies de m'avoir avec des mots, c'est tout !

 

Je n'essaie pas de t'avoir avec des mots.

Je te les retourne simplement pour que tu les réexamines.

Voilà à quoi je joue.

 

 D'accord ! Supposons que j'accepte cela supposons que je reconnaisse avoir jugé ces gens par inadvertance.

 

En quoi cela va-t-il changer les choses ?

 

 On ne peut véritablement changer une situation que si l'on est soi-même prêt à changer.

 

 Mais je n'ai pas besoin de changer !

Oh, tu veux dire, est-ce que je peux éprouver de la compassion plutôt que du dégoût ?

 

 Ne serait-ce pas un profond changement ?

 

Oui, je suppose.

 

A ce moment, j'ai ressenti un sentiment d'humiliation.

 

 Mais qu'est-ce que la compassion ?

J'ai honte de l'avouer, mais je ne sais pas exactement ce que cela veut dire !

 

 Mais si, tu le sais. Tu l'as éprouvée en lisant le livre au sujet du médecin.

Si tu es ici actuellement, c'est parce que tu as décidé de mettre en pratique ta compassion.

Ainsi tu l'accepteras au lieu de la nier continuellement.

 

Mardi la suite et fin de ce très beau texte à méditer.

 

 

 

 

 

LE POUVOIR DE LA COMPASSION ( première partie)

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